Rêve :

« Ô nuit, belle nuit, sous un ciel d’Italie, on t’appelle bella notte…». 

Quel doux bonheur que de retrouver ce soir son amant, son mari chez son Italien favori. Attablée à votre terrasse préférée, enfin, vous respirez. 

Votre verre de Prosseco à la main, vous êtes prise de doute sur le choix du menu. Lasagnes ? Artichauts ? Aubergine ? Votre moitié vous rassure, vous serez toujours la plus belle des femmes qu’il ait rencontré. Votre cœur s’emballe, vous osez rougir. Comment avez-vous pu oublier à quel point vous étiez si heureuse avec lui ? 

Subjuguée par ses paroles, ses affirmations sonnent justes. En forme, vous osez un peu d’humour. Vos voisins de table, des curieux n’ayant pas pu s’empêcher d’écouter vos échanges, rient très forts. Ce soir vous redevenez le clown que vous avez toujours été. Sous la table, vos mains s’effleurent, se cherchent. Con te Partiro d’Andrea Bocceli retentit alors. 

Transportée par le vin et par le charme de votre moitié, vous lui chuchotez à l’oreille que vous l’aimez. « Le restaurant ferme ! » lance alors le serveur. Quoi, déjà ? Contraints de partir, c’est sous un ciel illuminé par les étoiles que vous disparaissez. 

Réalité : 

« Ô nuit, belle nuit, sous un ciel d’Italie, on t’appelle bella notte… ». 

Quel doux bonheur que de retrouver ce soir son amant, son mari chez son Italien favori. 

Assoiffée par la course acharnée précédent votre arrivée, vous avalez en une gorgée votre Chianti bouchonné. Et oui, plus de Prosecco disponible. Paf, en rupture de stock ! Pas d’importance, place aux artichauts marinés.

C’est dans un vacarme assourdissant que votre partenaire vous demande si c’est la meilleure des idées que de choisir ses habituelles tomates farcies. C’est avec un vif enthousiasme qu’il annonce : “La dernière fois que je les ai prises, j’ai pété toute la nuit ! » Et malheureusement, entre deux tranches de jambon, vous vous rappelez fort bien de ces vents si charmants. Avec le plus grand des sérieux, vous lui faites comprendre que pour votre bien commun, il serait charitable qu’il se décide pour un autre plat. Les spaghettis bolognaises pourquoi pas ? 

Après quelques blagues, vous vous dites que ce moment n’est pas si désagréable. Andrea Boccelli retentit. Vous l’observez lui votre homme et ses tâches sur sa chemise Cerruti. Certes, ce n’est plus la passion de vos débuts, mais il est si rassurant, si gentil. Et puis s’aimer c’est aussi accepter l’autre comme il vous accepte. 

« Le restaurant ferme ! » lance alors le serveur. Le temps passe si vite. Contraints de partir, c’est sous un ciel illuminé par les étoiles que vous disparaissez. 

Nos 3 conseils de survie : 
– Éviter le Chanti bouchonné accompagné de macaronis 
– Courir acheter le Best of d’Andrea Bocceli 
– Prendre le temps de regarder à deux les étoiles dans la nuit