« Si vous recevez cette lettre, c’est que je ne suis plus de ce monde. Vous êtes allés beaucoup trop loin dans cette histoire. « Faux cul », « sans amie », « on va te niquer à ton retour », « bolosse », « sale pute », « connasse »… OK, je n’ai pas réussi à dire ce que j’ai sur le cœur, mais maintenant je le fais, même si mon cœur ne bat plus… Adieu. »

En 2013, Marion Fraisse, collégienne de 13 ans, se suicidait pour mettre fin au harcèlement dont elle était victime de la part de ses camarades. Pendant longtemps, la problématique du harcèlement scolaire était taboue et il a fallu attendre une vague de suicides en France pour qu’enfin, on commence à en parler. Des enfants âgés d’une dizaine d’années mettaient fin à leur jour parce qu’ils pensaient que c’était la seule solution pour cesser la spirale infernale dans laquelle ils se trouvaient. 

Le harcèlement scolaire ne concerne pas une petite minorité, les chiffres montrent que ce phénomène n’est pas anecdotique : 12% des écoliers, 10% des collégiens et 3,4% de lycéens – soient 700.600 élèves – sont victimes de violences verbales, physiques ou psychologiques répétées. Plus de la moitié subit une forme sévère.

Loin de s’arrêter aux murs de l’établissement, ce phénomène se poursuit parfois à distance, sur les réseaux sociaux, boites mails et téléphones portables. 6 % des collégiens sont ainsi la cible de cyber-harcèlement. Trop bon élève, fayot, gros, roux, boutonneux… Tous les prétextes sont bons, pourvu que la proie soit docile. Comme Marion.

Comment réagir lorsque son enfant est concerné ?

Tout d’abord, il faut encourager son enfant à dire ce qui ne va pas. En parler, c’est déjà le début de la solution. Parler, pour soulager, pour donner un peu de sa douleur. Parler, pour réfléchir à comment y mettre fin. 

En tant que parent, vous ne devez surtout pas rester passif, mais prendre les choses en main. Exigez un rendez-vous avec le CPE ou le directeur de l’établissement scolaire. Sur place, racontez ce que votre enfant subit au quotidien, donner des noms, désignez les coupables. C’est ensuite au CPE ou au directeur de l’école de prendre le relais, en convoquant le harceleur ainsi que ses parents. Si cela ne suffit pas, il faudra envisager le conseil de discipline. 

Si la direction de l’école reste indifférente à la situation de votre enfant, vous devrez prendre des solutions radicales comme le changement d’établissement de votre enfant et même le dépôt de plainte contre ceux qui lui nuisent au quotidien. 

Vous l’aurez compris, le harcèlement à l’école n’est pas une banale affaire, mais peut détruire des vies et même tuer. Tous ensemble, disons non au harcèlement !